Le mouvement des indignés


    Les indignés des services publics lancent un appel à la désobéissance

    Partagez
    avatar
    Provencracie
    Dev
    Dev

    Messages : 1068
    Date d'inscription : 12/06/2011

    Les indignés des services publics lancent un appel à la désobéissance

    Message  Provencracie le Mer 26 Oct - 22:44

    Les indignés des services publics lancent un appel à la désobéissance

    Par Rédaction Bastamag (12 octobre 2011)

    Une conseillère du Pôle emploi de Toulouse est convoquée devant un conseil de discipline le
    13 octobre, pour avoir refusé d’appliquer une procédure qui dégrade,
    selon elle, le service rendu. Face au démantèlement du service public,
    les actes de désobéissance de la part de fonctionnaires se multiplient.
    « L’Appel de Toulouse » propose une riposte concertée, réunissant
    fonctionnaires et usagers attachés à un service public de qualité.






    Nous sommes citoyens, usagers et salariés, agents ou fonctionnaires des services
    publics ou remplissant des missions de service public. Nous nous élevons
    ensemble contre leur destruction et la dégradation du service rendu au
    public.


    Ce gouvernement fusionne, démantèle, privatise. Il manipule ! Il
    organise l’inefficience des services et les rend inopérants pour remplir
    leur mission d’intérêt général. Il réduit les effectifs, diminue les
    moyens, change les métiers, réorganise, désorganise... provocant ainsi
    l’insatisfaction, la souffrance des usagers et des salariés. En
    diffusant une mauvaise image des services publics et en opposant usagers
    et agents, il prépare leur disparation.


    Les services publics sont : la Santé, l’Éducation, la Justice, les
    Services sociaux, les Universités et la Recherche, les Organismes
    sociaux (CAF, Sécurité sociale, Pôle emploi [1]),
    la Police, les pompiers, les crèches municipales, les services
    territoriaux, l’Équipement et l’aménagement du territoire, les
    transports, La Poste, la SNCF, l’accès à l’eau, au gaz, à l’électricité…
    Tout ce qui est légitimement accessible à tous et qui rend notre
    quotidien confortable.


    Nous avons déjà laissé beaucoup de ces secteurs échapper à la
    régulation de l’État, certains ont disparu, d’autres sont privatisés ou
    en voie de l’être... Jusqu’où allons-nous les laisser nous dépouiller de
    ce qui ne leur appartient pas ?


    Les générations précédentes avaient eu la prudence de garantir un
    accès gratuit et régulé à ces services de façon à ce que tous puissent
    en bénéficier, sur l’ensemble du territoire. De quel droit ce
    gouvernement s’autorise t-il à modifier des structures aussi
    fondamentales – et constitutionnelles – de notre société, à l’encontre
    des intérêts de la population qu’il est censé servir ?


    Il agit peut-être légalement, en votant des lois de circonstance,
    mais illégitimement en ne prenant en compte ni l’intérêt de tous ni les
    importantes manifestations de la rue, et en instrumentalisant l’action
    sociale à des fins sécuritaires.


    Il y a un dysfonctionnement dans notre système déclaré
    « démocratique » ; et devant ce constat beaucoup d’entre nous se sont
    démobilisés, invoquant une impuissance face aux politiques, eux-mêmes
    confrontés à leur propre impuissance face aux marchés... D’impuissance
    en impuissance, nous laissons faire et ce que nous redoutons se réalise.


    Pourtant, nous pouvons cesser de nous abriter derrière ce discours de
    « ça ne sert à rien », arrêter d’être fatalistes, retrouver notre
    capacité à nous indigner, à réagir et à agir. Car sans nous, « ils ne
    sont rien », qu’ils soient politiques ou grands gestionnaires, c’est
    nous qui sommes sur le terrain à faire ou à subir ce qu’ils nous
    demandent d’accomplir contre nous-mêmes tous les jours.


    Il est donc temps, pour nous et pour les générations à venir :

    de porter un coup d’arrêt à la destruction organisée de nos droits et
    acquis sociaux, de nos structures de solidarité et de fraternité ;

    d’arrêter de subir et de contribuer au fonctionnement de ce qui peut nous nuire ou nuire à nos concitoyens ;

    de refuser de céder à la division (les vieux contre les jeunes, les
    travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les
    fonctionnaires, les « intégrés » contre les étrangers...), à la mise en
    concurrence généralisée des salariés au cœur des entreprises et des
    établissements publics (les places sur le marché de l’emploi sont
    chères, et ils s’en servent...).


    Il dépend de nous, une fois encore dans l’histoire, de leur rappeler
    qu’ils ne sont là que sur mandat, et qu’ils sont révocables... Ils nous
    demandent des sacrifices, exigeons des comptes...


    Il s’agit d’un appel, un appel à la résistance, à la désobéissance
    ouverte ou discrète, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous pouvez
    agir pour vous et pour nous tous. Dans chaque secteur d’activité, chaque
    jour, nous pouvons faire différemment ou ne pas faire, pour arrêter
    cette déconstruction et la contrer le plus possible.


    C’est un appel à Tous. Nous demandons à chacun d’agir à sa mesure,
    nous appelons aussi les personnalités à s’engager publiquement,
    médiatiquement : que ceux qui savent disent, haut et fort, seuls ou en
    collectifs : historiens, sociologues, juristes, économistes,
    intellectuels, journalistes...
    Retrouvons le sens de nos responsabilités : celles de citoyens actifs,
    celles de membres solidaires d’une collectivité, celles de parents
    soucieux de l’avenir de leurs enfants. »


    Résistants et désobéisseurs des Services publics


    Retrouvez l’Appel de Toulouse et la liste des premiers signataires en cliquant ici



    Notes

    [1]
    Une conseillère de l’agence Pôle emploi de la place Occitane, à
    Toulouse, Isabelle de Léon, a refusé d’appliquer ce que la nouvelle
    procédure, née de la fusion Anpe/Assedic, lui impose de faire. D’après
    elle, « cette procédure n’offre pas un service de qualité, mais un
    service minimum, voire dégradé, qui n’est pas sans conséquence sur
    l’indemnisation des demandeurs d’emploi et ses délais »
    . Punie d’un
    blâme par sa direction régionale, elle est convoquée devant un conseil
    de discipline à Paris le 13 octobre. Elle a installé un abri mobile
    devant la direction régionale de Pôle emploi Midi-Pyrénées, dans lequel
    elle a entamé une grève de la faim.


    sources : http://www.bastamag.net/article1811.html

      La date/heure actuelle est Mar 22 Aoû - 22:35