Le mouvement des indignés


    Nucléaire : l’accident de Marcoule continue de faire couler l’encre

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    Provencracie
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    Date d'inscription : 12/06/2011

    Nucléaire : l’accident de Marcoule continue de faire couler l’encre

    Message  Provencracie le Sam 17 Sep - 10:36

    Nucléaire : l’accident de Marcoule continue de faire couler l’encre

    L’explosion de lundi a suscité beaucoup de réactions indignées au sein de la classe politique. Bien que qualifié d’« industriel » par EDF, l’accident a aussi relancé le débat sur la place du nucléaire dans le mix énergétique français et sur sa gestion. Décryptage.



    Rappel des faits : à 12h37 ce lundi, une explosion survenait sur un
    four d’incinération de déchets métalliques (vannes, pompes etc.)
    provenant d’opérations de maintenance ou de démantèlement
    d’installations nucléaires exploité par la SOCODEI, filiale d’EDF spécialisée
    dans le traitement des déchets à faible voire très faible teneur
    radioactive, faisant un mort et quatre blessés, dont un grièvement. Le
    drame a eu lieu sur la commune de Codolet (Gard), c’est-à-dire à deux
    kilomètres à peine du site atomique de Marcoule, et a provoqué le déclenchement d’un plan d’urgence interne (PUI) toutefois rapidement levé. Devenu pour nos concitoyenset les médias l’« accident de Marcoule », il continue d’être abondamment commenté.

    Les premières dépêches ont été émaillées d’approximations et
    d’erreurs mais certains de nos confrères les ont prises pour argent
    comptant et ont d’abord fait état d’un accident nucléaire au sens
    « tchernobylien » de l’expression. La proximité géographique avec le
    complexe de Marcoule, où est notamment produit le fameux combustible MOX
    (Mixed Oxide), où de nombreux rebuts radioactifs sont entreposéset qui a fait partie des candidats à la construction du deuxième réacteur EPR (Evolutionary Power Reactor) français, in fine attribuée
    au site de Penly (Seine-Maritime), a sans doute été vectrice de
    confusions et au bout du compte d’un certain catastrophisme.

    Elle a aussi, soyons en sûrs, joué un rôle prépondérant dans les réactions très virulentes des politiques de l’opposition, du MoDem à Europe Écologie-Les Verts (EELV)en passant par le Parti socialiste. Ils ont été nombreux à faire le rapprochement – il est vrai tentant – avec l’accident de Fukushima
    1 (Japon) et, pour les plus hostiles à l’atome, se sont en quelque
    sorte « appuyés » sur l’explosion pour réclamer une nouvelle fois un
    débat sur le nucléaire
    voire un abandon progressif de cette énergie défendue bec et ongles par
    tous les gouvernements français depuis plus d’un demi-siècle, au point
    de représenter aujourd’hui les quatre cinquièmes environ de la
    production électrique nationale. Certains, à l’image de l’eurodéputée et
    présidente de Cap21 Corinne Lepage, se sont aussi étonnés que
    le dossier ait été pris en charge par le ministère de l’Intérieur,
    dirigé par un Claude Guéant dont la maîtrise des dossiers de cette
    nature ne sautait pas aux yeux jusqu’ici, et non par le ministère de
    l’Écologie, préjugé plus compétent en la matière.
    ..../...
    Parlera-t-on bientôt de précipitation ou de négligence meurtrière ?
    L’accident de lundi est-il à analyser de manière isolée ou trahit-il « la faillite du modèle nucléaire », comme l’estime le professeur Jean-Philippe Colson, auteur de Nucléaire sans les français, dans une chronique au vitriol publiée dans les colonnes du Monde
    ? « La première constante est l’absence de débat public, tant sur la
    décision d’implantation d’une centrale que sur les grands choix de la
    politique nucléaire […] La deuxième constante de la politique nucléaire
    de la France, c’est le secret […] La troisième constante, c’est qu’il
    conviendrait de faire confiance aux techniciens de l’atome, à tous les
    niveaux […] Ainsi, depuis ses origines, le droit nucléaire n’est pas
    autre chose qu’une codification de la confiance que l’on nous impose de
    faire aux techniciens de l’atome et aux savants. Pour cette
    nucléocratie, l’atome est affaire de technique, pas de démocratie »,
    a-t-il asséné. Et d’ajouter, sans détours : « confiance
    aveugle, secret et absence de débats sont liés, se renforcent
    mutuellement et caractérisent depuis ses origines le développement
    nucléaire français. Pour le reste, circulez, dispersez-vous,
    irradiez-vous, le nucléaire est trop important pour être discuté ».
    Des
    allégations qui dénoncent le caractère dogmatique de l’énergie
    nucléaire dans l’Hexagone et qui ne sont pas sans rappeler
    l’argumentaire développé par Mme Lepage dans son ouvrage La vérité sur le nucléaire, paru à la fin du printemps, ainsi que les propos que tiennent les responsables d’EELV depuis un semestre.

    Quelles que seront les conclusions des enquêtes sur l’ « accident de Marcoule », la
    gestion du parc nucléaire ne saurait tolérer la plus petite suffisance.
    Quand bien même rien ne serait remis à plat et les pouvoirs publics
    persisteraient dans l’opacité, la catastrophe de Fukushima 1 a en effet
    rappelé douloureusement à l’humanité que le risque zéro n’existe pas en
    matière atomique. Même si les deux événements ne sont comparables ni
    dans leur déroulement ni dans leur gravité, on en a encore eu la preuve
    lundi, cette fois dans nos frontières.

    Partagée par de nombreux spécialistes et aujourd’hui par des millions
    de nos compatriotes, chacun conviendra que cette défiance-là ne repose
    pas sur du sable.


    Extrait et source / Lire l'article complet sur : http://www.zegreenweb.com/sinformer/nucleaire-laccident-de-marcoule-continue-de-faire-couler-lencre,39362
    15 sept 2011

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