Le mouvement des indignés


    Sectes et extrême droite

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    CommeUneOmbre
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    Date d'inscription : 13/06/2011

    Sectes et extrême droite

    Message  CommeUneOmbre le Jeu 22 Déc - 15:07

    Sectes : un autre danger !

    Sectes et extrême droite : des liens historiques toujours d’actualité
    © RésistanceS – Belgium – 4 février 2004 | Par Nadia GEERTS (avec Manuel Abramowicz)

    Le projet de société de la majorité des sectes qui pullulent dans nos pays n’a pas grand chose à envier aux délires totalitaires qui animent l’idéologie fascisante de la plupart des partis, mouvements et organisations d’extrême droite d’hier ou d’aujourd’hui. Et des sectes païennes – ainsi que des curés catholiques intégristes – participèrent à l’élaboration des premiers fondements doctrinaux du nazisme, qui fut articulé ensuite politiquement par Adolf Hitler.

    A l’heure actuelle encore, des sectes (chrétiennes et païennes) agissent au cœur même de formations politiques comme le Front national. Des groupuscules néonazis sont guidés par des gourous célébrant les solstices comme le faisaient jadis leurs modèles historiques. Des associations culturelles ou des groupes d’action nationalistes (Voorpost de Roeland Raes, par exemple) d’obédience sectaire forment aussi la base militante du Vlaams Blok.

    Sectes et extrême droite : les connexions sont nombreuses. Démonstration par quelques exemples.


    Les raëliens, ou le génie au pouvoir
    En 1997, la Commission d’enquête parlementaire belge sur les pratiques illégales des sectes entendait le témoignage de J.-A. Fisch, alors président du Cercle de défense de l’individu et de la famille (CDIF), une association alors active au grand-duché de Luxembourg et aujourd’hui dissoute. Celui-ci ne mâchait pas ces mots concernant les accointances de plusieurs mouvements sectaires avec les théories nazies, et en particulier celle du « surhomme ». Ainsi, le mouvement « ufologique » raëlien – qui, outre qu’il fonde sa doctrine sur la rencontre de petits « hommes verts », défraya récemment la chronique lorsqu’il prétendit avoir réussi, par le biais de sa filiale Clonaid, le premier clonage d’êtres humains –, prône la « géniocratie » (sic). Autrement dit : le génie au pouvoir, avec son corollaire : « Ne seront éligibles à quelque poste public que ce soit, que les individus ayant un coefficient intellectuel supérieur de 50% à la moyenne, et ne pourront être électeurs que ceux ayant un coefficient intellectuel supérieur de 10% à la moyenne ». Exit donc la démocratie, qualifiée d’ailleurs de « sauvage » par celui qui se fait appeler « sa sainteté », Claude Vorilhon, alias Raël.

    Rien d’étonnant à cela de la part d’un mouvement dont l’emblème fut durant de très longues années une croix gammée incrustée dans l’étoile de David. En avril 2002, le gourou Raël appela d’ailleurs à voter pour Jean-Marie Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles, au motif que le gouvernement au pouvoir serait lui-même fasciste de par sa politique anti-religieuse – traduisez : anti-sectes … Ne mentionnons que pour mémoire le sort réservé par Raël aux individus malades ou difformes, auxquels est signifiée l’interdiction de paraître devant les yeux des « créateurs » (les « Elohims », ces gentils extraterrestres qui ont créé l’être humain, selon la doctrine raëlienne). Et naturellement, beauté et intelligence vont de pair…Pour parachever le tableau peu flatteur de la secte raëlienne, signalons que certains passages du livre de Raël incitent clairement à des pratiques pédophiles et/ou incestueuses, ce qui a d’ailleurs déjà valu plusieurs condamnations à des raëliens un peu trop empressés à suivre les enseignements du maître... Un comble pour une secte qui appela un temps au boycott du catéchisme, au motif que les enfants risqueraient d’y subir les assauts de « prêtres pédophiles ».

    La Fraternité Blanche universelle et le nazisme
    La Fraternité Blanche Universelle (FBU) est considérée en France, depuis 1996, comme un mouvement coercitif et totalitaire. Son fondateur, le Bulgare Omraan Mikhaël Aivanhov (1900-1986), a émigré en France en 1938 et semble y avoir été un collaborateur dévoué des nazis durant la Deuxième guerre mondiale. Le témoignage de J.-A. Fisch fait même état d’une condamnation pour ces faits. Aujourd’hui, le site internet de la FBU nie tout lien entre sa dénomination et de quelconques thèses racistes. Pourtant, le but de la FBU reste l’édification d’une « nouvelle race humaine », et fait l’éloge de son fondateur comme d’un être tellement pur, rayonnant d’une telle splendeur qu’il est par essence et quoi qu’il fasse au-dessus des lois morales, du crime et du péché.

    Moon, Hitler et le Front national de Jean-Marie Le Pen
    Paul Werner, ancien membre des Jeunesses hitlériennes, devint ensuite un haut responsable, à l’échelon européen, de la secte coréenne Moon. Un cas isolé, ne reflétant aucune communauté d’idées entre hitlérisme et moonisme ? Pas sûr… Car cette secte à l’idéologie politique nettement anti-communiste et eugéniste prétend faire de ses adeptes des « surhommes », contre monnaie sonnante et trébuchante bien sûr.


    Photo Réseau Voltaire

    C’est aussi contre monnaie sonnante et trébuchante qu’un premier mooniste, Gustave Pordea, a pu figurer sur la liste du Front national français pour les élections européennes, en 1984. Son élection permettra à la secte Moon d’avoir ses entrées directes au cœur du Parlement européen. Ce fut ensuite le tour de Pierre Ceyrac, qui remplaça Pordea en 1989, puis fut élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais en 1992 sur les listes FN, avant de quitter le parti nationaliste français, en 1994. Mais le soutien de Moon au FN – à moins que ce ne soit le contraire…– ne se limite pas à l’un ou l’autre nom sur une liste électorale : en France, les moonistes ont soutenu ouvertement les campagnes électorales de Jean-Marie Le Pen, que ce soit par le biais de généreux dons financiers ou par la mise à disposition de nombreux colleurs d’affiches et autres petites mains moonistes. Et, que ce soit en Allemagne ou aux Etats-Unis, la secte Moon soutient semblablement la mouvance la plus à droite de la droite… Moon peut compter pour cela sur l’aide efficace de CAUSA, le bras politique de la secte. Cerise sur le gâteau : Tong II, le groupe industriel de Moon, fabrique du matériel d’armement.

    En Belgique, au milieu des années quatre-vingts, le Front national belge de Daniel Féret entrera également en contact avec la secte Moon via des amis français d’extrême droite.

    La scientologie : une doctrine eugéniste
    Pour feu Ron Hubbard, le gourou fondateur de la secte de scientologie, il ne sert à rien de discuter avec les êtres « inférieurs » – ceux « qui se situent en dessous de 2.0 sur l’échelle des tons » (sic). On pourra certes tenter de les faire accéder aux étages supérieurs en les « auditant » à coup de formations coûteuses et déstructurantes, mais l’autre solution est « de s’en débarrasser calmement et sans remords. (…) Ni la beauté, ni le charme, ni les valeurs sociales artificielles ne peuvent excuser les dommages terribles que ces personnes font aux hommes et aux femmes saines d’esprit » (1). Précisons que la prostituée, l’homosexuel, celui qui se rend coupable d’un divorce rapide ou l’infidèle tombent clairement en-deça du ton 2.0 fatidique…Il est presque amusant de découvrir, sous la plume de Ron Hubbard, cette définition de la « domination totalitaire » : « De 1,3 sur l'échelle à 0,6, c'est la zone générale de subversion, zone promettant la liberté et l'égalité aux gens, mais leur offrant en fait la destruction des cerveaux les plus valables, des institutions culturelles, afin d'aboutir à la domination totalitaire. ». Et l’idéal de la Dianétique (le corpus pseudo scientifique et religieux de la dite secte), c’est une société où seuls les individus « Clairs » – ces « surhommes » que la scientologie aura gratifiés du ton 4.0 – jouiront des droits civils et politiques…

    En Belgique, comme le démontra le quotidien « La Libre Belgique », Marguerite Bastien, la fondatrice-présidente du Front nouveau de Belgique (une dissidence du Front national) était à tout le moins liée à la scientologie… Bastien sera aussi protégée par Claude Nançy, un proche du FNB bien connu pour ses activités au sein de « sociétés secrètes » vouant un culte inconditionnel, politique et mystique au régime nazi. Et ce toujours à l’heure actuelle.

    Ces organisations sectaires, sans nul doute, nous préparent un avenir radieux : une société où seule subsisterait une « race humaine supérieure », peuplées d’êtres ineffablement beaux et éternellement souriants, et purifiée de ses éléments parasitaires.

    Ça ne vous rappelle rien ?

    Note :
    (1) Ces citations sont extraites de « Science de la Survie », un ouvrage de Ron Hubbard paru en 1951.



    Source : http://www.resistances.be/sectes02.html
    Liens: http://www.resistances.be/sectes0.html

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