Le mouvement des indignés


    Plaidoyer pour un autre monde (Agoravox )

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    alpha2mars
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    Plaidoyer pour un autre monde (Agoravox )

    Message  alpha2mars le Ven 21 Oct - 21:34

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/plaidoyer-pour-un-autre-monde-102615


    Le compte à rebours est lancé. À nous de décider s'il mène à l'extinction ou à un nouveau monde ...

    Cet article est basé sur analyse personnelle des évènements récents, influencée par de nombreux articles lus sur AgoraVox et les vidéos du mouvement Zeitgeist. Son ambition est de démontrer que la crise actuelle est systémique, inévitable et surtout absurde.


    Un bâtiment marin conçu rationnellement
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    Selon moi, le monde change en ce moment encore plus vite que d'habitude, à mesure que nous approchons du point de rupture du système actuel. Et je crois que ce qui viendra après est imprévisible, comme pour tout point critique. Nous sommes dans une situation où nous sommes condamnés à trouver une nouveau mode de fonctionnement, ou disparaître (du moins notre civilisation, et pour longtemps).

    Un monde malade

    Les attaques sur le système "démocratique" ressemblent à un plan machiavélique prévu pour mettre les peuples à genoux, les forcer à se serrer la ceinture pour enrichir les riches, qui sont surement derrière le coup.

    Seulement, si l'on regarde sur quelles bases est construit tout notre édifice financier, on se rend compte qu'il mène inexorablement vers la situation actuelle.

    Résumons rapidement (pour ne pas ennuyer nos chers lecteurs, ainsi que pour cacher mes lacunes) : Tout l'argent en circulation en ce bas monde a été prêté par une banque à quelqu'un, ou à un état. L'argent, c'est de la dette. Si un état veut générer de l'argent, il le fait en l'empruntant à une banque privée à but lucratif (comme la FED aux États-Unis, ou la Banque Centrale en Europe) ; et c'est très lucratif. Surtout en ce moment, où les obligations d'état atteignent un taux de 30 % pour certains pays !

    Mais ce jeu contient une faille dans sa conception. Lorsqu'une banque prête 1000 € à quelqu'un, elle génère cette même somme. Mais la personne s'engage à rembourser une somme supérieur, à cause des intérêts. S'il a emprunté à 4% sur un an, il remboursera 1040 €. D'où viennent ces 40 € supplémentaires ? Il devra les avoir extorqués à quelqu'un d'autre (dont l'argent vient aussi d'un prêt). À l'échelle d'une personne, on peut s'en sortir. Mais quand on envisage que tout l'argent qui circule sur Terre est une somme insuffisante pour rembourser tous les prêts qui courent, on comprend la nécessité d'augmenter perpétuellement la quantité d'argent existant.

    Nous sommes donc dans une course à l'inflation. Cela n'est pas grave en soi - tant qu'on vit dans un monde en croissance. C'est à dire tant que nos capacité de production augmentent.

    Et nous, simples employés, vivons dans ce système. Pour le maintenir en croissance, on a créé la société de consommation. Nous travaillons pour gagner l'argent pour acheter des choses qui ne nous sont pas nécessaires que nous avons produites en travaillant. Et qui sont soumis à l'obsolescence programmée, pour accélérer encore le cycle. Il n'y à qu'à voir la folie autour de l'iphone 4S (encore plus rapide !!) pour se rendre compte à quel point nous sommes accro. il y a deux modes d'obsolescence programmée : c'est prévu soit pour casser deux jours après la fin de la garantie, soit pour être démodé encore plus vite.

    Grâce à ce merveilleux principe, les entreprises font toujours plus de bénéfices, les gens courent après un bonheur éphémère et illusoire, et on gaspille nos ressources aussi vite qu'il soit possible !

    Tout ça au nom de quoi ? Un principe naturel que nous impose dame nature ? La nature humaine ? La société de consommation est une invention récente, ce qui prouve que ce comportement (cette toxicomanie collective) nous a été inculqué. Non, au nom de la survie du système financier dans lequel nous vivons.

    Aujourd'hui, ce système est mis péril par les fruits des révolutions industrielle et technologique. Il faut de moins en moins de travail humain pour produire de plus en plus de biens. Donc de moins en moins de gens (en pourcentage de la population) ont assez d'argent pour acheter les objets, et faire tourner la boucle.

    On peut chercher à solutionner le problème en élisant le bon homme politique. On nous propose, dans une illusion de démocratie, de choisir parmi les candidats du système, celui qui va le représenter. Les politiques ne changeront pas le système. Au contraire, ils en sont les garants, ils veulent le sauver envers et contre tout. Tout ce que vous entendrez d'eux est : " On ne peut pas faire autrement, ce serait irresponsable !". C'est la soupe qu'on nous a servi pour le recul du départ à la retraite. Quel comble. Il n'y a pas assez de travail pour tout le monde (à cause ou grâce aux machines selon le point de vue), et on va encore demander à ceux qui travaillent de le faire plus longtemps ! Les politiques ne connaissent rien d'autre que notre bon vieux système financier, ne veulent ni ne peuvent le changer. Il ne faut pas compter sur eux. De plus, deux cents ans de démocratie l'ont démontré, s'il y a une constante en politique, c'est que le pouvoir corrompt.

    Aujourd'hui nous touchons à la fin de ce système. Pour continuer à tourner malgré l'écart croissant entre le travail nécessaire et les biens produits, le système s'est embourbé dans la dette - les ménages qui consomment avec de l'argent qu'il n'ont pas et des états qui distribuent allocations et aides en tous genres. La crise de la dette signifie simplement que nous ne pouvons pas nous endetter davantage.

    Au moment où j'écris, on apprend que Moody's va sans doute bientôt abaisser la note de la France. Et que François Baroin a promis plus de rigueur pour l'éviter.

    Une autre perspective

    Il faut donc trouver autre chose. Les remises de dette accordées à la Grèce montre qu'une piste exploitée pour continuer la partie de monopoly-massacreur est d'effacer les dettes (tout ou partie), et on recommence. Il faudra être particulièrement borné pour ne pas voir que les mêmes causes mèneront aux mêmes effets, tôt ou tard.

    Et si nous faisions l'effort de sortir de notre conception monétaire étriquée, dans laquelle nous avons été éduqués, pour observer les choses rationnellement. Nous avons toutes les ressources et technologies pour produire, à moindre effort, tout ce dont nous avons besoin. Et ce à l'échelle globale. On nous dit qu'il faudrait quatre Terres pour assurer les besoins de l'humanité telle qu'elle consomme aujourd'hui. Oui, si nous restons dans ce système de compétition, de consommation irraisonnée, dont nous avons vu qu'elle est à peu près la plus dispendieuse imaginable (obsolescence programmée). Mais si nous concevions les choses de manière optimale, non pour en tirer du profit mais pour qu'elles servent, avec pour objectifs qu'elles soient :

    - durables

    - faciles à améliorer

    - faciles à recycler

    ... il en serait tout autrement.

    Imaginez l'énergie et les ressources que nous gaspillons à faire tourner ce système monétaire obsolète, à nous mettre en compétition et à veiller à ce que l'autre entreprise fasse moins bien que moi, que mon voisin n'ait pas une aussi belle voiture que moi. Le nombre de comptables, analystes financiers, traders, qui sont payés à ne rien produire du tout. Juste à jouer au jeu de l'argent. Cette énergie, mise en collaboration, décuplerait notre capacité de production.

    Imaginez un monde où les brevets n'ont plus cours. Un inventeur a une idée : il la partage, et tout le monde en profite. Une telle société serait tellement plus innovante. Toutes les voitures diesel seraient équipés du système pantone, et on consommerait moitié moins. Quand on pense qu'aujourd'hui les groupes pétroliers achètent pour étouffer les brevets qui pourraient nous faire économiser notre précieux carburant.

    Imaginez si les indicateurs de gestion de la planète n'étaient plus le PIB, la croissance et l'indice de confiance des marchés, mais l'alimentation, l'éducation, le bonheur des gens. Si nous n'étions plus limités par la nécessité de faire tourner la spirale financière infernale, mais juste par les ressources planétaires. Aucune action ne serait 'irréaliste financièrement", et la faim dans le monde serait le problème le plus vite réglé.

    Nous serions capables, pour la première fois, de produire tout ce qu'il nous faut, en abondance. Le système actuel l'empêche, car ce qui est rare est cher, donc nous fabriquons de la rareté. Aucune entreprise n'a intérêt à fabriquer trop de biens (ils ont horreur de l'excédent), car cela ferait baisser leur prix. Dans un monde où tout existe en abondance, rien ne se vend. Vous n'achetez pas (encore) l'air que vous respirez. On ne vous aurait pas cru au moyen age si vous aviez dit que l'eau se vendrait. C'est un avantage de la pollution des cours d'eau …

    Les montagnes de déchets générés par l’obsolescence programmé prouvent d'eux-même que la Terre dispose de suffisamment de ressources pour subvenir aux besoins de toute l'humanité, si toutefois, nous arrêtons de gaspiller toutes ces ressources au nom du profit pour les utiliser de façon plus intelligente.

    Dans un tel monde, on n'a plus besoin d'argent. Pourquoi payer pour quelque chose qui existe en surabondance, comme l'air que je respire ? Tout vendeur se retrouverait comme un marchand de sable dans le désert. Tout le monde pourrait jouir des meilleurs objets que nous puissions concevoir. La fin des inégalités signifie aussi la fin de la violence. Toutes les études statistiques le montrent : plus une société est inégalitaire, plus il y a de meurtres, de drogués, de maladies mentales et souffrance.

    Une pierre angulaire de notre vision du monde est la possession. Or avoir c'est voler. Ce n'est rien d'autre que de priver les autres de cet objet, de cette parcelle de terre. Dans un monde conçu autour de l'abondance, quel besoin aurions-nous de posséder les choses ? S'il y a dans les rues plus de voitures qu'il n'en faut, toutes identiques et optimales, pourquoi en voudrais-je une pour moi quand il suffit de monter dans la première que je croise ? Plus de clés, de codes, de méfiance.

    Le système serait conçu pour qu'il y ait le moins de travail à faire possible. On automatiserait massivement toutes les tâches ingrates. Le peu de travail restant à faire serait gratifiant, et se ferait sur la base du volontariat. Impossible ? Les logiciels libres, qui correspondent à des millions d'heures de travail, ne se font pas autrement. Les gens s'investissent aujourd'hui dans des associations caritatives ou autres, contre rien. Ils donnent de leur argent uniquement au nom de leur empathie pour leur prochain. Et cela fonctionne déjà dans ce monde construit autour de l'argent. alors combien plus dans un monde d'abondance et de gratuité. Les gens le feraient car ils aimeraient ce système, et peut être aussi parce que tout homme veut se sentir utile, indépendamment de l'argent que ça rapporte.

    Objections

    - C'est utopique ! Un monde parfait n'existera jamais !

    On ne vous propose pas un monde parfait. La perfection n'existe pas. Il s'agit juste de proposer un monde conçu pour essayer d'exploiter rationnellement nos ressources, à l'inverse du monde actuel qui est conçu pour faire tourner la boucle infernale de la finance.

    Cette proposition n'est pas politique. Comme je l'ai dit, je ne crois plus en la politique. Ce n'est donc pas du communisme (celui-ci est imposé de l'extérieur, et ne s'affranchit pas de la monnaie). Toutes les propositions politiques incluent une inégale répartition des richesses, et considèrent que l'avidité (politiquement correct : l'envie de gravir les échelons) est le seul moteur de l'action humaine. Je n'y crois pas (regardez Wikipedia, ou donnons.org).

    Toutes les propositions politiques sont basées sur la possession. Ce n'est pas le cas de celle-ci.

    C'est plutôt une proposition technologique : donnons-nous les moyens de créer de l'abondance. Lorsque ce sera fait, la notion même de politique sera vide de sens. Pas besoin d'organiser le partage des richesses et le travail. Une simple autogestion locale suffit à prendre les quelques décisions à prendre (la forme du nouveau bâtiment, le menu des repas, ...). Aucune proposition politique n'a pris en compte l'évolution de la technologie, la possibilité de ne presque pas travailler du tout, et de partager gratuitement l'abondance. Aucune proposition politique ne s'est fixé comme objectif la simple gestion rationnelle de nos ressources, afin de produire le plus de bonheur possible.

    Ce n'est pas non plus une utopie hippie : se couper du monde et vivre une aventure en groupe. Le système proposé ne peut qu'être global. Toute communauté est une division. La division entraîne l'incompréhension, l'envie, la guerre. Contrairement à ces mouvements, je n'identifie pas la technologie comme la source des maux de la société, mais plutôt l'inadaptation du système financier à la nouvelle réalité technologique.

    - Mais qu'est-ce que je ferais dans une telle société ?

    Plus de travail. Pourquoi se lever le matin ? Ceux qui croient que le travail donne un sens à notre vie englobent dans ce mot plusieurs réalités. Je crois que l'homme a besoin de se sentir utile, reconnu. Mais il n'a pas besoin d'horaires fixes, d'un salaire, de souffrir à des tâches ingrates.

    Nous continuerions à faire des choses, mais seulement par passion. On deviendrait tous inventeurs de nouvelles musiques, nouvelles techniques, etc. Et chacun partagerait fièrement ses trouvailles avec tous les autres. Ceux qui ne veulent rien faire en seraient libres. Mais bien vites ils auraient envie de faire part du mouvement, j'en suis sûr.

    Et puis nous pourrions profiter de la planète. Voyager plus souvent. Plus de frontières, des transports gratuits (surement pas des avions, trop polluants, mais pourquoi pas des trains magnétiques ?). Si on allait voir la muraille de Chine ?

    Cette question, quoi faire une fois libre du travail, est la même que se pose un prisonnier si on le sort de sa cellule. Souvent son premier réflexe est d'y retourner.

    - Et les profiteurs ?

    Oui, tous ceux qui profiteraient des efforts des autres sans participer. J'ai déjà partiellement répondu à cette objection. Les logiciels libres montrent qu'il y a des gens capables de travailler pour rien. Vous, lecteurs d'AgoraVox, je suis sur que vous en faites partie. Et même si une majorité de la population refusait de participer, il ne faudrait plus qu'une infime quantité de travail pour faire tourner le système, automatisé au maximum.

    Un dernière remarque à ce sujet : le système actuel nous évite-t-il les profiteurs ? Tous ceux qui vivent des allocations (et sont sois-disant responsables de notre faillite) ont déjà étés créés par ce système. Il n'y aurait pas plus de profiteurs dans un système juste et égalitaire.

    - C'est une tentative de prise de pouvoir par un groupe occulte ! Au complot !

    La libération du travail transformerait notre société. Je reprends l'image de Wikipedia. Ce système, basé sur des contributions bénévoles d'auteurs, exploite-t-il ces derniers ? Qui possède Wikipedia ? Comment quelqu'un pourrait-il se l'approprier ? C'est à tout le monde et à personne. Une société entière peut fonctionner ainsi. Ce n'est pas une prise de pouvoir, mais une destruction du pouvoir. La vraie liberté, c'est quand il n'y a plus de pouvoir. Comment quelqu'un prendrait-il le pouvoir dans une telle société ? Comment nous obligerait-il à faire ce qu'il dit. Ce serait celui qui a la meilleure idée, pour tel problème, qui convaincrait les autres, qui suivraient librement.

    Quelle ironie ! On a peur que quelqu'un prenne le pouvoir, alors même qu'on est aujourd'hui sous le joug des fameux 1 % qui dictent leurs règles. Ma proposition n'est pas de remplacer ce pouvoir, on ne mettrait rien à la place.

    - Mais alors, qui prendrait les décisions ?

    Aujourd'hui, beaucoup de décisions sont prises par les hommes politiques. Ou, très rarement, par vote (d'ailleurs quand le résultat ne plait pas on recommence, voyez ce qui s'est passé en Slovaquie à propos du plan d'aide à la Grèce). Ces décisions sont-elles les meilleures ? Les hommes politiques ont-ils l'expertise, pour savoir que leur projet est optimal ?

    Pour d'autres choses, dans le monde actuel, on ne vote pas. Qui décide la structure et les matériaux d'un pont ? La forme d'un avion ? Ces décisions sont prises en fonction de considérations techniques, par des experts, en fonction de l'état actuel de nos connaissances. Dans le monde que je proposes, toutes les décisions seraient prises ainsi. Sources d'énergie, architecture urbaine, etc. peuvent aussi être conçus en fonction de nos connaissances scientifiques actuelles, afin d'être optimisés, dans le but de pourvoir à nos besoins.

    Nous passerions donc à une gestion rationnelle, et non arbitraire, de sujets trop graves pour être laissés à quelques belles gueules de la politique. Le scandale de la faim dans le monde, que nous savons régler techniquement depuis des décennies, montre bien que le système de prise de décision actuel est largement incompétent.

    - C'est la nature humaine.

    L'homme serait mauvais, égoïste, et même idiot par nature. Il lui faudrait un pouvoir qui lui dise quoi faire, et une motivation pour travailler : l'argent. Sans cela, on deviendrait un tas de mollusques, incapable d'initiative. C'est ce qu'on a longtemps pensé des peuples du Maghreb.

    C'est oublier le rôle de notre vécu dans notre propre construction. Une personne dont la mère a manqué de nourriture pendant la grossesse aura bien plus de chance d'être obèse devenue adulte. Un enfant dont les parents, stressés par leur travail, n'ont pas pu s'occuper correctement, sera lui-même stressé et égoïste. Si, dès l'enfance, votre environnement vous envoie le message "tu es dans un monde égoïste, dangereux, où il faut se battre pour avoir ce qu'il te faut", cela vous conditionne inévitablement.

    Même dans ce conditionnement, aujourd'hui, nombreux sont ceux qui donnent gratuitement de leur temps, de leur argent. Voilà de quoi me faire croire en l'homme. Combien plus les gens seraient ouverts, prêts à faire des efforts les uns pour les autres dans un monde juste et paisible !

    Donc, si c'est bien notre nature d'être égoïste, cette "nature" a été acquise en vivant dans ce système, et il ne tient qu'à nous d'en changer.

    - Une société inégalitaire stimule la créativité.

    Autre avantage souvent perçu de notre société capitaliste : en cherchant à améliorer notre condition de vie personnelle, nous sommes stimulés à chercher des idées innovantes, qui peuvent nous rapporter de l'argent. En l'absence d'argent, si nous sommes tous égaux et qu'une invention ne rapporte pas une promotion sociale, la créativité disparaitrait.

    Pensez-vous que Léonard de Vinci, Mozart, ou Nicolas Tesla ont été aussi créatifs pour gagner beaucoup d'argent ? Combien de retraités profitent de leur temps libre pour se mettre à peindre, à travailler le bois, à concrétiser des projets qui leur tiennent à cœur ?

    Les statistiques le confirment : les sociétés plus égalitaires, moins stratifiées par l'argent ou les castes, sont plus créatives. Nous sommes plus stimulés quand nous sommes entre pairs que dans une hiérarchie. Le contre exemple parfait est l'armée : tout dans l'obéissance à la hiérarchie, rien dans la créativité.

    - D'accord, mais je fais partie des plus privilégiés, et je ne veux pas partager !

    Voilà une réflexion que j'ai déjà entendue, et qui me fait bondir. L'argent nous a tellement bien conditionnés que nous sommes capables d'accepter un système où un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes – du moment que ce ne sont pas les notres.

    Mais il ne faut pas perdre de vue que dans la coopération, et la gestion rationnelle des ressources permettrait de produire énormément plus ressources, de meilleure qualité. Donc à moins de vivre sur un yacht, on verrait quand même notre niveau de vie augmenter. Certes, les africains progresseraient plus que nous, mais nous progresserions aussi.

    Perspectives

    Alors, comment passe-t-on du monde actuel au nouveau ? Ce n'est pas une prise de pouvoir mais au contraire un lâcher prise qu'il nous faut. Des mouvements comme les indignés me donnent beaucoup d'espoir. Parce qu'ils s'attaquent au pouvoir de la finance, et surtout parce que le mouvement s'internationalise. Si, comme je le prévois, les conséquences de ce système continuent d'être de plus en plus injustes et sévères pour les peuples, ceux-ci sentiront l'urgence d'en changer.

    Il faudra alors qu'ils aient une idée de quoi mettre à la place. Sinon ce sera le chaos. Voilà pourquoi les idées que j'ai présentées ici devraient être répandues le plus possible avant ce chaos.

    Imaginez alors une manifestation mondiale, comme le 15 octobre dernier, mais d'une ampleur bien différente, où le mot d'ordre serait : amenez le plus d'argent possible, en liquide, et brûlons-le ensemble ! Comment le système financier se relèverait-il d'une telle remise en cause ? Les billets de banque restant n'auraient pas plus de valeur que ceux du monopoly. D'ailleurs, en réalité, ils n'ont jamais eu que la valeur qu'on leur donnait.

    Ce projet vous séduit ? Vous n'êtes pas convaincus, mais un peu intéressé ? Prenez le temps de vous renseigner, allez voir les films produits par zeitgeist, faites-vous une meilleure idée.

    Si vous voulez changer les choses, n'oubliez pas que ce projet n'est pas politique. Il n'y a pas de parti à rejoindre. Répandez ces idées autour de vous, discutez-en avec votre entourage. Commencez à résister en arrêtant de regarder la télé, qui diffuse l'idéologie monétaire à plein pot, prenez l'habitude de donner, achetez d'occasion, n'entrez surtout pas dans l'armée. Le changement viendra quand la population sera suffisamment exaspérée du système (ça commence à venir sérieusement en Grèce) et qu'elle aura une alternative. Personne ne renversera le gouvernement, on ne pendra pas les requins de la City : on arrêtera juste de jouer à leur jeu.

    Vous pouvez aussi prendre part au mouvement zeitgeist, dont l'unique but est de répandre ces idées.

    Je crois que ce changement qui nous est proposé est une chance unique. Si nous passons à côté, je vous laisse imaginer quel chaos nous attend : états fascistes qui oppressent les peuples pour maintenir l'ordre, populations désespérées et émeutes de plus en plus destructrices, épuisement de nos ressources et destruction de notre environnement. Il y a péril en la demeure et l'inaction ferait de nous des complices de ce système, qui nous conduit à un suicide collectif.

      La date/heure actuelle est Jeu 21 Sep - 8:52