Le mouvement des indignés


    Les Économistes Atterrés

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    Provencracie
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    Les Économistes Atterrés

    Message  Provencracie le Ven 16 Sep - 13:10

    Les Économistes Atterrés

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    Cette initiative prise par 4 économistes s'est vite répandue à travers
    le monde des média et des citoyens, seuls ou en associations.Ils
    s'élèvent contre les fausses vérités dont on nous abreuve, pour faire
    payer les erreurs du système économique et financier par ses victimes!


    Vous pouvez cosigner le manifeste dont voici les grands chapitres:




    * FAUSSE EVIDENCE N°1 : LES MARCHES FINANCIERS SONT EFFICIENTS
    * FAUSSE EVIDENCE N°2 : LES MARCHES FINANCIERS SONT FAVORABLES A LA CROISSANCE ECONOMIQUE
    * FAUSSE EVIDENCE N° 3 : LES MARCHES SONT DE BONS JUGES DE LA SOLVABILITE DES ETATS
    * FAUSSE EVIDENCE N° 4 : L’ENVOLEE DES DETTES PUBLIQUES RESULTE D’UN EXCES DE DEPENSES
    * FAUSSE EVIDENCE N°5 : IL FAUT REDUIRE LES DEPENSES POUR REDUIRE LA DETTE PUBLIQUE
    * FAUSSE EVIDENCE N°6 : LA DETTE PUBLIQUE REPORTE LE PRIX DE NOS EXCES SUR NOS PETITS-ENFANTS
    * FAUSSE EVIDENCE N°7 : IL FAUT RASSURER LES MARCHES FINANCIERS POUR POUVOIR FINANCER LA DETTE PUBLIQUE
    * FAUSSE EVIDENCE N°8 : L’UNION EUROPÉNNE DÉFEND LE MODELE SOCIAL EUROPÉEN
    * FAUSSE EVIDENCE N°9 : L’EURO EST UN BOUCLIER CONTRE LA CRISE
    * FAUSSE
    EVIDENCE N°10 : LA CRISE GRECQUE A ENFIN PERMIS D’AVANCER VERS UN
    GOUVERNEMENT ECONOMIQUE ET UNE VRAIE SOLIDARITE EUROPEENNE
    * CONCLUSION
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    Provencracie
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    Re: Les Économistes Atterrés

    Message  Provencracie le Ven 16 Sep - 13:13

    Une interview de Benjamin Coriat ce matin pour Euronews



    “Il faut se redonner du temps pour construire des politiques de croissance”

    16/09 10:42 CET
    Crise économique - France - L’eurozone en crise
















    Benjamin Coriat est professeur d’économie à l’Université Paris-XIII
    Villetaneuse et co-président du mouvement des économistes atterrés. Ces
    experts cherchent à faire entendre une analyse différente de la crise
    que celle qui est, selon eux, majoritairement proposée au public. Ils
    viennent de publier un ouvrage collectif sur la crise en Europe, « 20
    ans d’aveuglement : l’Europe au bord du Gouffre. », édité aux éditions LLL.






    Vous plaidiez contre l’austérité, or les plans d’austérité
    se sont multipliés ces dernières semaines. Etes-vous donc plus
    pessimistes aujourd’hui qu’il y a un an et demi ?



    Oui. Nous sommes dans le scénario catastrophe, celui de la
    généralisation des plans d’austérité en Europe. D’une part la troïka
    [FMI, BCE, UE – NDLR]
    impose des plans à la Grèce, l’Irlande et le Portugal. D’autre part,
    des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la France s’imposent des plans
    eux-mêmes.


    Notre conviction est que l’austérité ne permet pas de faire face à
    la dette, encore moins à la crise. Au contraire, l’austérité a entraîné
    la récession qui a augmenté la dette rapportée au PIB. Le FMI et l’OCDE
    etc. ont du coup revu les perspectives de croissance à la baisse à la
    fin de l’été, créant une situation encore plus tendue. C’est d’ailleurs
    ce que l’on a vu de manière spectaculaire en Grèce. Le régime de cheval
    imposé aux Grecs – descendre de 12,7% à 3% de déficit en trois ans –
    était une pure folie. Au-delà des difficultés prévisibles liées au plan,
    les réformes demandées à la Grèce ne peuvent pas se mettre en place et
    produire des résultats en un an et demi. Par contre, les effets de
    récession créés par les coupures budgétaires sont, eux, immédiats.


    On évoque de plus en plus la possible faillite de la Grèce voire sa sortie de la zone euro. Croyez-vous cette issue possible ?


    On ne peut plus du tout exclure un défaut total de la Grèce.
    Cependant nous ne souhaitons pas une sortie de la Grèce de la zone euro.
    Nous considérons que la zone euro doit être profondément modifiée mais
    qu’elle doit être sauvée.


    Nous regrettons que le problème de la Grèce n’a pas été traité
    pendant qu’il était encore temps, il y a un an voire six mois. Il n’y
    avait alors que deux solutions. Il aurait fallu faire procéder à des
    abandons de créances de l’ordre de 30 à 50%. Compte tenu de la faiblesse
    relative de la dette grecque, les marchés pouvaient absorber ce défaut
    partiel de paiement. On aurait ainsi pu éviter l’insolvabilité générale.
    La deuxième solution, même si j’y croyais moins, aurait consisté à
    manifester une vraie solidarité avec la Grèce. Il aurait fallu
    restructurer a minima les taux d’intérêt et revoir entièrement les
    durées pour lui permettre de sortir de sa crise de dette sur 10 ans ou
    15 ans, comme cela se fait en général. En effet, pour résorber la dette
    il faut un minimum de croissance et cela ne peut jamais se faire en
    trois ans.


    Maintenant, même le second plan a beaucoup de mal à se mettre en
    place. Le temps de la politique n’est pas celui des marchés financiers.
    Il faut absolument se redonner du temps pour construire des politiques
    de croissance.


    Quelle est, selon vous, la part de responsabilité des marchés ?


    Ils ont voulu la récession ; ils ont exercé une pression absolument
    astronomique pour obtenir des plans de restructuration permettant de
    dégager des excédents budgétaires et maintenant ils sont complètement
    affolés. On s’est enfermé dans un cercle vicieux : on est en récession
    et les marchés financiers poussent à des aggravations permanentes.


    Si on résume, la crise a démarré en 2007/2009 par une crise bancaire
    et financière privée. Pour sortir de cette crise, l’endettement a été
    transféré vers le secteur public. Ce dernier a assumé la dette privée,
    comme l’Irlande l’a fait à hauteur de 70 milliards d’euros.


    Les marchés – tout juste sauvés – ont alors analysé cet endettement
    public. Cela a donné lieu à des choses très étonnantes du type ‘’vous
    m’avez sauvé mais vous ne pouvez plus me payer donc j’exige des plans
    d’austérité’’. Et maintenant, les marchés réalisent qu’avec ces plans
    d’austérité et la récession, les Etats ne peuvent toujours pas les
    payer. Nous sommes dans une situation extrêmement difficile que les
    marchés ont eux-mêmes provoquée. Il y a une vague de spéculation sur la
    dette d’autant plus déchaînée que les marchés n’ont jamais payé le prix
    de leurs frasques et qu’ils agissent dans une impunité générale.


    L’UE semble avoir du mal à prendre des décisions.
    Pensez-vous que cela soit dû à une faiblesse politique des Etats, une
    faiblesse structurelle de l’Union ou à l’action d’un “lobby libéral” ?



    Il s’agit d’une combinaison des deux derniers motifs. Nous pensons
    et n’avons cessé de dire qu’il y a une double défaillance
    institutionnelle de la zone euro. D’une part, l’article 135 du Traité de
    Lisbonne interdit la solidarité entre Etats membre en cas de
    défaillance. D’autre part, la BCE n’a pas le
    droit d’acheter de la dette. L’Europe a donc mis son sort entre les
    mains des marchés financiers puisqu’elle a décidé que ses dettes
    publiques ne pourraient être achetées que par les marchés financiers.


    Dans votre manifeste, vous préconisiez déjà le recours à des
    euro-obligations. Etes-vous toujours de cet avis alors que la
    Commission a réitéré cette semaine son soutien à cette solution par la
    voix de José Manuel Barroso ?



    Oui. Je pense qu’une mutualisation de la dette publique européenne,
    levée par une institution européenne à des taux d’intérêt bas, est
    incontestablement un pilier indispensable au maintien de la zone euro.


    La reprise d’une politique active de fonds structurels est, elle
    aussi, essentielle pour permettre à certains pays de rattraper leur
    retard. A défaut, les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Pour
    le moment, il y a des écarts de croissance et de compétitivité
    considérables qui ne sont pas tenables entre Etats.


    Une relance économique dans la zone euro n’est pas irréaliste. Les
    pays excédentaires, comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Finlande,
    doivent juste accepter un certain niveau de relance. Ils sont capables
    de relancer la croissance en Europe. Au contraire, si l’on reste dans un
    jeu de défiance relative, sans solidarité sur la monnaie, sans relance
    etc. permettant de revenir à une homogénéisation de l’Europe, la zone
    euro va sauter.
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