Le mouvement des indignés


    Discours d’un Islandais sur la Place Catalunya

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    Provencracie
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    Messages : 1068
    Date d'inscription : 12/06/2011

    Discours d’un Islandais sur la Place Catalunya

    Message  Provencracie le Lun 13 Juin - 21:38

    Discours d’un Islandais sur la Place Catalunya

    Publié le 13 juin

    Maintenant que l’ultime objectif des principaux campements espagnols est atteint -soit la coordinations des assemblées populaires de quartiers-, le mouvement du 15-Mai change de stratégie. Les campements se démontent tout en continuant des activités, ateliers et débats la journée et une communication cybernétique active.

    Nous avons eu la visite d’un membre de l’« association des Débiteurs » islandais -association qui a permis de mener les banquiers en justice- sur la place Catalunya.
    A l’heure où notre lutte change de forme, nous écoutons l’expérience de Gandri Skulason.


    Plaza Catalunya,
    11 juin 2011

    « Salut Barcelone. Salut Catalogne. Salut Espagne. »

    « Je m’appelle Gandri Skulason et je sup­pose que je suis là parce
    que j’ai géré beau­coup de plain­tes contre les ban­ques d’Islande à
    tra­vers mon orga­ni­sa­tion, l’Association des Débiteurs.

    Nous livrons une bataille dif­fi­cile, pour­tant nous avons gagné
    toutes les affai­res que nous avons mené devant la jus­tice. Ces
    affai­res ont coûté des mil­liers de mil­lions d’euros au sys­tème
    ban­caire islan­dais.

    Je veux vous remer­cier pour cette oppor­tu­nité, et aussi vous
    remer­cier pour tout ce que vous avez fait pour les gens du monde
    entier.

    Nous par­ta­geons tous le même objec­tif, et je crois que c’est pour ça que nous nous diri­geons à vous en ce moment.
    Nous par­ta­geons tous le désir de chan­ge­ment.
    Mais aussi nous sommes divi­sés.
    Parce que ce qui nous sépare c’est pré­ci­sé­ment la diver­sité de ce que nous vou­lons chan­ger.

    Ainsi, nous devons tous répon­dre à la même ques­tion avec le plus de
    sin­cé­rité pos­si­ble : « Allons nous per­met­tre que ces détails nous
    divise et nous empê­chent de mettre en oeuvre les réfor­mes
    struc­tu­ra­les néces­saire pour chan­ger le monde ? »

    Ce que vous avez fait ici ainsi que ce qu’ont fait des per­son­nes
    comme vous dans les villes de toute l’Espagne, de toute l’Europe est
    sim­ple­ment et plei­ne­ment spec­ta­cu­laire.

    Vous avez semé l’espé­rance dans le coeur du peuple euro­péen ; vous
    avez attiré l’atten­tion des médias du monde entier.
    Nous avons vu des images de vos mani­fes­ta­tions, paci­fi­ques et
    géné­ra­le­ment accueillante sur des places comme celle ci,
    retrans­mi­ses par la CNN, Sky News et jusqu’à la télé­vi­sion publi­que
    islan­daise.

    Ces photos et vidéos se sont dif­fu­sées aussi via Youtube et Facebook. Et nous ont donné de l’espoir.

    Désormais, cette espé­rance par­court le monde.

    Nous avons pres­senti l’évolution des mou­ve­ments en Égypte, en
    Syrie, au Liban, au Yémen et dans beau­coup d’autres pays.
    Et dans cer­tains de ces pays, NOUS, les per­son­nes nor­ma­les, nous
    avons réussi à chan­ger les choses, et en quel­que occa­sion, nous avons
    réussi à faire tomber nos gou­ver­ne­ments.

    Donc nous avons DÉJA démon­trer que nous sommes capa­bles. Nous
    avons même démon­tré que nous pou­vions réus­sir sans verser le sang ni
    uti­li­ser la vio­lence phy­si­que.

    MAIS...

    Nous avons également commis des erreurs. Des erreurs qu’il est
    pos­si­ble d’éviter. Et nous devons appren­dre de ces erreurs. Nous
    devons accep­ter que nous ne sommes pas par­faits, et nous devons
    accep­ter que la per­sonne que nous avons à nos côtés sache plus de
    choses, et que si nous coo­pé­rons dans la recher­che d’une solu­tion,
    le résul­tat sera meilleur.

    MAIS...

    Nous savons que nous ne pou­vons pas mettre en pra­ti­que toutes les
    solu­tions, ni appuyer toutes et cha­cune des ver­sions de tous et
    chacun des pro­blè­mes. POURTANT...

    Comment savons nous quelle est la solu­tion adé­quate ? Et com­ment savons nous quel est le pro­blème le plus urgent ?

    Pour chan­ger le monde, il faut chan­ger le sys­tème qui le dirige ;
    et pour chan­ger ce sys­tème, il est néces­saire de chan­ger les règles
    qui le struc­tu­rent.

    Ces règles ont été conçues par les ban­quiers et les poli­ti­ciens
    les ont appli­quées ; et elles ont été la prin­ci­pale cause de
    l’effon­dre­ment de l’économie mon­diale.

    Maintenant, ces mêmes poli­ti­ciens et ban­quiers nous obli­gent, les citoyens, de payer leurs stu­pi­des erreurs.
    Ils vont réduire les pres­ta­tions socia­les, réduire les salai­res et aug­men­ter les impôts...

    ... Juste pour réin­té­grer aux ban­quiers l’argent qu’ils ont perdu à leurs pro­pres ris­ques et périls.

    Le sau­ve­tage finan­cier de 750.000 mil­lions d’euros a été telle
    une goutte d’eau dans l’océan ; aux États Unis, un paquet de 700
    mil­lions de dol­lars s’est avéré être également insi­gni­fiant...

    MAIS...

    Maintenant vient le plus impor­tant : ces mil­liers de mil­lions d’euros étaient à NOUS.
    C’était nos économies et nos impôts. Impôts que nous sup­po­sions des­ti­nés aux ser­vi­ces et pres­ta­tions socia­les.

    Nous devons mettre fin à tout cela. C’est plus qu’une néces­sité, c’est vital.

    Tout comme nous devons couper le lien entre capi­tal et poli­ti­que, sans pour autant oublier la démo­cra­tie en chemin...

    La dif­fi­culté est de trou­ver la forme qui nous per­met­tra d’y arri­ver. Mais ça n’est pas impos­si­ble.

    En conju­guant nos forces et en accor­dant une série de points com­muns mini­mums, nous pou­vons chan­ger ce qu’il faut.

    Pour com­bat­tre le sys­tème, il faut exé­cu­ter un plan orga­nisé.
    Vu que le sys­tème est com­posé d’infi­nies ins­ti­tu­tions et qu’il est
    extra­or­di­nai­re­ment bien orga­nisé, nous devons aussi l’être.

    Donc...

    Organisez vous de façon à pou­voir pren­dre des déci­sions, parce
    que si vous ne prenez pas de déci­sions vous n’arri­ve­rez nulle part.

    Une déci­sion peut être cor­recte ou erro­née. Pourtant, il est impor­tant de la pren­dre.

    Marquez vous des objec­tifs concrets et orga­ni­sez la forme qui vous per­met­tra de les attein­dre.

    Maintenez tou­jours un mes­sage simple et essayer de le rendre acces­si­ble a TOUT le monde.

    95% des gens à qui vous vous adres­sez regarde la télé en ce moment, accros au foot ou à leur feuille­ton ...

    Ils enten­dent, mais ils oublient d’écouter. Parlez leur lan­gage et signa­lez leurs pro­blè­mes.

    Et je crois que ce qui vous sur­pren­dra c’est de voir comme c’est
    facile d’abor­der des pro­blè­mes mar­gi­naux une fois le pro­blème
    prin­ci­pal iden­ti­fié.

    Et cela ne se réfère pas au poids indi­vi­duel de chaque pro­blème,
    sinon à la forme que nous consi­dé­rons opti­male pour mettre en
    pra­ti­que les solu­tions.

    Si nous n’avons pas d’électricité, pour­quoi allons nous allu­mer notre télé ?

    Distribuez l’infor­ma­tion et donner à connaî­tre les faits, en infor­mant et en dif­fu­sant la vérité.

    Faîtes ce que vous avez fait jusqu’à main­te­nant.
    Mais... Faîtes le un peu plus...

    Merci... »
    sources : http://acampadabcninternacional.wordpress.com/2011/06/12/gandri-skulason-asociacion-de-deudores-en-plaza-catalunya/
    sources fr - http://rebellyon.info/Discours-d-un-Islandais-sur-la.html?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed

    Invité
    Invité

    Re: Discours d’un Islandais sur la Place Catalunya

    Message  Invité le Mar 14 Juin - 10:17

    Tous ces mots sont encourageants !! Merci au créateur de cette plateforme démocratique de nous doter d'un outils tel que celui ci pour avancer ensemble vers des solutions qui seront à terme je l'espère, internationnales, claires et non négociables !!!
    A vos cerveaux et à vos coeurs citoyens !!!!

      La date/heure actuelle est Mer 13 Déc - 13:16