Le mouvement des indignés


    Anonymous : derrière le masque, des hackers révolutionnaires

    Partagez
    avatar
    Provencracie
    Dev
    Dev

    Messages : 1068
    Date d'inscription : 12/06/2011

    Anonymous : derrière le masque, des hackers révolutionnaires

    Message  Provencracie le Sam 9 Juil - 12:35


    Anonymous : derrière le masque, des hackers révolutionnaires

    Ils n'ont que trois ans et ils font peur aux plus grandes puissances, des Etats-Unis à l'Iran en passant par le Royaume-Uni, mais aussi aux firmes multinationales. Qui sont les hackers de « Anonymous », ces pirates informatiques experts dans l'art de mettre hors-service un site web ?

    Au fil des cyber-attaques, ce mouvement aux contours flous, énième progéniture de la culture web, entend bien faire passer un message : la défense de la liberté d'expression par tous les moyens, même illégaux.

    En défendant les fuites de documents confidentiels de WikiLeaks, ou en s'en prenant tant aux gouvernements tunisien et égyptien pendant les révolutions dans ces pays qu'à Hadopi en France, les « Anons » s'imposent dans le débat public. Mais leur défi des lois leur vaut d'être surveillé et traqués par les polices du monde entier.
    Les « plus beaux coups » des Anonymous
    ► La scientologie

    En 2008, les Anonymous apparaissent aux yeux d'un – relatif – grand public en faisant une déclaration de guerre tout aussi solennelle qu'ambitieuse à la scientologie. « C'est probablement ce qui a popularisé les Anonymous », selon Guillaume Champeau, rédacteur en chef du journal en ligne Numerama.com, interrogé sur le plateau d'Arrêt Sur Images. (Voir la vidéo de la déclaration de guerre)




    ► Wikileaks (opération Riposte)

    Mais c'est en soutenant WikiLeaks que les Anonymous sont vraiment devenus des poils-à-gratter du Web de premier rang. Alors que les fuites des documents confidentiels avaient semé la zizanie dans les relations internationales, les entreprises proches de WikiLeaks (Paypal, MasterCard et Visa) ont dû couper les ponts avec le site web dirigé par Julian Assange. Privé de ressources financières au faîte de sa gloire, le site WikiLeaks a alors reçu l'aide des Anonymous, décidés à venger ces autres partisans de la liberté totale de l'information.

    Entre-temps, les pirates d'Anonymous avaient croisé le fer avec les ayants droits des studios hollywoodiens, au nom du droit au partage de fichiers. Une parfaite illustration de la guerre entre les internautes et l'industrie du cinéma ou de de la chanson, sous le nom de code opération Payback.
    ► Le printemps arabe

    Les révolutions arabes ont permis aux hackers de jouer un rôle tout aussi politique, mais plus consensuel. En soutien aux révolutionnaires, les pirates ont lancé des attaques contre les serveurs gouvernementaux en Tunisie puis en Egypte.
    Les Anonymous s'intéressent-ils à la France ?

    Un compte Twitter se présentant comme Anonymous France existe, et plusieurs discussions sur Internet d'« hacktivistes » français ont été découvertes.

    Mais le seul fait d'arme majeur dans l'Hexagone des pirates Anonymous est la menace d'exclure d'Internet Frédéric Lefebvre, alors porte-parole de l'UMP, plaisanterie qui n'avait été en réalité qu'une promotion médiatique pour le mouvement, et sa lutte contre la secte scientologue. Juste un « LOL » donc. Sauf pour Frédéric Lefebvre.
    Pourquoi ce masque ?

    Le seul « visage public » des Anonymous est ce masque, qui est initialement celui qui cache le visage de V, le héros de la bande dessinée « V pour Vendetta ». Le film du même nom (2006) a encore popularisé ce masque rieur.

    Ce personnage, très cultivé et anarchiste, cherche à libérer son peuple de l'oppresion d'un gouvernement autoritaire, en éveillant les citoyens, mais aussi sans hésiter à user de la violence. (Voir un extrait du film « V pour Vendetta »)


    Mais la référence à ce masque semble tenir davantage du vague clin d'œil que de la profession de foi politique.
    Peut-on rattacher les Anonymous à une idéologie ?

    Nihilistes, anarchistes, les Anonymous ? Leur discours glorifie la liberté d'expression, conspue l'autoritarisme, refuse les compromis. Le ton de leurs communiqués est comme posé et exalté à la fois :

    « Anonymous a fait son choix. Nous prendrons parti. Nous apporterons notre aide aux personnes qui luttent pour la liberté d'expression, de rassemblement, et de communication – les droits civiques essentiels pour les peuples afin de construire leurs propres futurs.

    Nous ne pardonnons pas.

    Nous n'oublions pas.

    Redoutez-nous. »

    Les Anonymous seraient-ils de romantiques révolutionnaires épris de liberté, des guévaristes du Web 2.0 ? Un sympathisant français de ce mouvement, qui requiert évidemment l'anonymat, a un tout autre avis :

    « Je trouve que ce genre de mouvement, qui utilise beaucoup le LOL et la rhétorique d'un langage absurde et violent, ressemble beaucoup au mouvement dadaïste de l'entre-deux guerres. »

    Le LOL, tout un programme ? La déclaration de guerre à la scientologie se fait au nom de [leur] amusement, tandis que les plantages de sites web sont considérés par ces « hacktivistes » comme des sit-in numériques, l'équivalent virtuel d'une simple manifestation. Une blague ou un coup de gueule sans conséquence.

    Un communiqué des Anonymous est d'ailleurs venu expliquer que le vol de coordonnées bancaires, que Sony leur avait reproché, ne rentrait pas dans leurs pratiques. Les Anonymous cultivent l'image de pirates s'attaquant au FMI en soutien à la Grèce, aux multinationales, comme dernièrement Apple, plutôt qu'aux particuliers.
    Les Anonymous ont-ils un chef ?

    La question n'est pas tranchée : généralement, plus on est partisan des Anonymous, plus on répond par la négative. A contrario, les adversaires de cette rhétorique d'« agit-prop' » soulignent la présence probable sinon d'un chef, du moins de leaders influents.

    De fait, ils n'ont pas besoin de chef pour mener leurs attaques.

    Beaucoup pensent donc qu'Anonymous est plus un état d'esprit et une façon de procéder qu'une structure avec une liste de membres et une division du travail en interne.
    Comment agissent-ils ?

    Pour qu'un site de leur choix tombe hors service, il « suffit » que beaucoup de personnes s'y connectent en même temps. Pour faciliter ce genre de coordination, les Anonymous utilisent un logiciel, appelé Loic, qui peut amplifier leurs requêtes sur le Web. Saturé par cet excès de transfert de données, le site plante. Seulement 3 000 personnes ainsi équipées auraient suffi pour l'opération Riposte contre PayPal, MasterCard et Visa.

    Le plus dur est simplement de se concerter, ce qu'ils parviennent à faire quelque fois sur des sites de partage d'images comme 4chan, ou sur des protocoles IRC, messageries instantanées familières chez les geeks.
    Quelles critiques reçoivent-ils ?

    On leur reproche souvent l'utilisation de jeunes sans compétence et vulnérables. On les appelle des « skiddies ». Ce sont des jeunes, curieux de bidouiller sur leur ordinateur, qui se laissent convaincre que devenir pirate est facile. Ils reçoivent une notice toute prête, et partent à l'assaut de tel ou tel site… Mais ils sont souvent facilement repérables, faute de savoir masquer leur connexion.

    C'est ainsi que la presse a pu faire sensation avec la découverte (par le FBI) en Auvergne d'un « cerveau des Anonymous » de 15 ans seulement.

    Photo : des Anonymous lors d'une manifestation contre la scientologie, le 16 janvier 2010 en Floride (Anonymous9000/Flickr/CC).

    sources : rue 89
    http://www.rue89.com/explicateur/2011/07/09/sous-le-masque-des-anonymous-ces-hackers-revolutionnaires-213144
    date 9 juillet 2011
    avatar
    CommeUneOmbre
    Dev
    Dev

    Messages : 488
    Date d'inscription : 13/06/2011

    Re: Anonymous : derrière le masque, des hackers révolutionnaires

    Message  CommeUneOmbre le Mer 23 Nov - 13:27

    "Anonymous est en train de changer le monde"
    Publié le 20-11-11 à 19:29 Modifié le 21-11-11 à 06:12 par Boris Manenti

    "Ce ne sont pas des pirates, plutôt un porte-étendard de la contestation dans l'ère d'une information numérique", estime Nicolas Danet, auteur d'"Anonymous". Interview.


    Un Anonymous à New York, pour la mobilisation "Occupy Wall Street" (John Minchillo/NBC/AP/SIPA)

    Anonymous. Après la lutte contre la Scientologie et les détracteurs de WikiLeaks, après le Printemps arabe, la masse d'internautes anonymes s'est étendue, amplifiée, renforcée. Le phénomène descend aujourd'hui dans les rues avec les indignés pour "Occupy Wall Street".

    Dans un ouvrage sobrement intitulé "Anonymous" à paraître ce lundi 21 novembre, Frédéric Bardeau et Nicolas Danet, deux communicants spécialisés dans les ONG, se placent "en observateurs d'un nouveau mouvement qui modifie les rapports de force au sein de la société". Alors, les anonymes sont-ils "pirates informatiques ou altermondialistes numériques ?" Eclairage de Nicolas Danet.

    D'où viennent les Anonymous ?

    - Anonymous est un phénomène qui prend racine dans l'ADN contestataire du web, dans cette contre-culture américaine des années 1970 représentée par Stephen Wozniak [co-fondateur d'Apple] ou Richard Stallman [à l'origine du projet GNU]. Une contre-culture libertaire empreinte de cyberculture. Anonymous conjugue cette cyberculture avec une pop-culture (les mangas, les animés japonais, etc.) issue du forum d'images 4Chan [où les membres se nomment "Anonymous", NDLR].

    La mobilisation contre l'Eglise de Scientologie en 2008 a été l'évènement fondateur. Anonymous a diffusé différentes vidéos de promotion interne, dont celle mettant en scène Tom Cruise. Mais c'est la défense de WikiLeaks qui a fait exploser la notoriété d'Anonymous. WikiLeaks, ces hackers de la société de l'information, s'est naturellement attiré les grâces des anonymes après avoir vu ses crédits bloqués par les géants MasterCard, Visa et PayPal. Via le hack, Anonymous s'est présenté comme porte-étendard de la contestation dans l'ère d'une information devenue numérique.

    Les Anonymous sont-ils des pirates ?

    - Par définition, "pirate" est associé à l'idée de vol. Anonymous ne vole pas. Ce ne sont donc certainement pas des pirates. Mais on compte quelques hackers dans leurs rangs : d'un côté ceux capables de s'introduire dans des systèmes informatiques, de l'autre des "hackers de l'info" capables de créer des relais d'informations (vidéo, image, blog...). Anonymous est devenu spécialiste du hack médiatique, en particulier avec le détournement d'images et de vidéos.

    Mais ce ne sont pas non plus des terroristes. Il n'est pas question de la bande à Baader. Anonymous est un phénomène beaucoup plus vague, où le seul fil rouge est la défense de la liberté d'expression. Un concept auquel adhèrent de plus en plus de personnes. A un moment, la CIA a essayé de cibler le profil-type des sympathisants d'Anonymous : c'était tellement flou qu'ils ont ciblé la moitié de la population.



    Comment les "opérations" sont-elles lancées ?

    - Depuis ses débuts, Anonymous utilise des canaux IRC pour communiquer, de vieux réseaux utilisés seulement par des geeks. Les sympathisants discutent ainsi tous ensemble et si une opération recueille l'approbation d'un grand nombre de personnes présentes, alors elle est lancée. Il s'agit d'un modèle assez singulier de démocratie directe où il n'y a pas de représentant, pas de chef. Un modèle qui se retrouve aujourd'hui dans "Occupy Wall Street" [largement soutenu et médiatisé par Anonymous, NDLR] : il n'y a pas de plate-forme stricte pour adhérer au mouvement, et n'importe qui peut venir et discuter avec le groupe. Anonymous est un peu comme un grand vol d'oiseaux migrateurs : ils forment une masse qui connaît l'objectif, mais un oiseau peut s'éloigner du groupe à tout moment, pour revenir, ou non, par la suite.

    Certains évoquent des "manifestations du futur".

    - Anonymous a lancé de nombreux appels à l'attaque de déni de service [qui consiste à surcharger un site en requêtes jusqu'à sa saturation, NDLR] ou DDoS. Nombreux sont ceux qui assimilent ces attaques à une sorte de désobéissance civile, équivalent numérique d'un sitting. Mais, quand lors du blocage d'une rue sans autorisation on voit une évacuation, sur internet quand plusieurs personnes bloquent l'accès à un site, la réaction des Etats est très violente. La pratique est illégale et très sévèrement punie.

    Les Anonymous peuvent-ils changer le monde ?

    - Ils sont déjà en train de la faire. Anonymous a changé le rapport de force entre citoyens et autorités. De la même façon que WikiLeaks a changé la donne, Anonymous a bouleversé les cartes. Peut-être qu'Anonymous disparaîtra d'ici deux ans, mais cet esprit contestataire perdurera. Nous nous sommes rendus compte de cette puissance de communication qu'est Internet. Ça ne s'arrêtera pas là...

    Interview de Nicolas Danet, co-auteur du livre "Anonymous", par Boris Manenti.

    (vendredi 18 novembre)




    "Anonymous : pirates informatiques ou altermondialistes numériques ?", de Frédéric Bardeau et Nicolas Danet, éd. FYP, 19,50 euros.



    Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/hacker-ouvert/20111120.OBS4934/anonymous-est-en-train-de-changer-le-monde.html

      La date/heure actuelle est Jeu 23 Nov - 10:53